
Revue évaluant la sécurité et les effets sur la santé du jeûne religieux pendant le Ramadan chez les patients ayant subi une chirurgie métabolique/bariatrique
2025
Introduction : Cette revue évalue la sécurité et les effets sur la santé du jeûne religieux pendant le Ramadan chez les patients ayant subi une chirurgie métabolique/bariatrique (CMB), en se concentrant sur la gestion du poids, les symptômes gastro-intestinaux, l’hydratation et le bien-être psychologique.
Méthodes : Conformément aux recommandations PRISMA-ScR, une recherche systématique a permis d’identifier sept études publiées entre 2015 et 2024, incluant des essais contrôlés randomisés et des études observationnelles. Ces études portaient sur les résultats post-CMB pendant le jeûne du Ramadan, en examinant des indicateurs clés tels que la variation de poids, la santé gastro-intestinale, l’état d’hydratation et les impacts psychosociaux. Les publications non anglophones, les rapports de cas et les revues ont été exclus.
Résultats : Dans les différentes études, la perte de poids a été rapportée de manière variable, soit en pourcentage de la perte de poids totale, soit en kilogrammes (kg) absolus. Les études utilisant le pourcentage de perte de poids totale ont rapporté des réductions moyennes allant de 6,6 % à 7,2 %, tandis que celles rapportant la perte de poids absolue ont décrit des réductions d’environ 2 kg pendant le Ramadan. Une perte de poids a été observée chez 42,6 % à 100 % des patients jeûnant, selon l’étude et le moment de l’intervention. Les symptômes gastro-intestinaux fréquents comprenaient nausées, vomissements et douleurs abdominales, avec une prévalence allant jusqu’à 61,4 %, en particulier lors du jeûne en période postopératoire précoce. La déshydratation a touché 18 % des patients, dont 2,9 % ont nécessité une réhydratation intraveineuse. Les effets psychosociaux positifs incluaient une amélioration du fonctionnement social, une diminution de la sensation de faim et une réduction des envies alimentaires. Cependant, des complications telles que les ulcères marginaux (8,3 %) et le syndrome de dumping (23,4 %) soulignent la nécessité d’une prise en charge attentive. Deux études présentaient un risque de biais important.
Conclusion : Le jeûne religieux pendant le Ramadan semble sans danger pour les patients après une chirurgie bariatrique, sous réserve d’un encadrement médical approprié, notamment au-delà de la période de convalescence initiale. Une prise en charge individualisée, axée sur l’hydratation, le soutien nutritionnel et la surveillance des symptômes, est essentielle. Ces résultats soulignent l’importance de consultations préventives et adaptées au contexte culturel pour optimiser les soins. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer les effets à long terme et améliorer les recommandations cliniques.