Le jeûne améliore l’efficacité des traitements contre le cancer du sein par l’activation des glucocorticoïdes

2025

La majorité des cancers du sein sont induits par l’activation du récepteur des œstrogènes α (ERα), et l’hormonothérapie constitue le traitement de référence pour ces patientes. Cependant, la résistance est fréquente et les tumeurs progressent souvent après des années de suppression hormonale. Le jeûne intermittent améliore l’efficacité de l’hormonothérapie standard et retarde l’apparition de résistances médicamenteuses acquises, bien que les mécanismes sous-jacents restent mal compris.

Nous montrons ici que le jeûne induit une reprogrammation épigénétique importante dans les xénogreffes de cancer du sein ERα-positif lorsqu’il est associé à une hormonothérapie, avec une activation massive de la signalisation des récepteurs des glucocorticoïdes (GR) et de la progestérone et une réduction concomitante de l’activité des membres de la famille de la protéine activatrice 1 (AP-1). Les programmes géniques induits par les GR sont activés de manière sélective dans des modèles in vivo de cancer du sein ERα-positif pendant le jeûne, et l’inactivation du gène GR compromet les effets antitumoraux du jeûne associé au tamoxifène. L’administration exogène de ligands du récepteur des glucocorticoïdes (GR) reproduit l’action anti-œstrogénique potentialisée par le jeûne, favorisant ainsi la régression tumorale. Les patientes suivant un régime alimentaire mimant le jeûne intermittent ont présenté une augmentation des concentrations sanguines de progestérone et de cortisol. De plus, les tumeurs prélevées après ce régime ont montré une corrélation inverse entre l’activation du GR et les marqueurs de prolifération, confirmant cliniquement nos observations chez les modèles animaux.

Nos résultats indiquent que l’activation du GR joue un rôle crucial dans la capacité du jeûne à potentialiser l’activité de l’hormonothérapie dans le cancer du sein et suggèrent que l’administration de corticostéroïdes devrait être évaluée comme traitement adjuvant à l’hormonothérapie dans ce contexte.

Nuno Padrão, Tesa M Severson, Sebastian Gregoricchio, et Al. (2025). Fasting boosts breast cancer therapy efficacy via glucocorticoid activation. Nature 41372410.Retour aux publications scientifiques